Le Klimakvarter retient les orages
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Le 2 juillet 2011, 135 millimètres de pluie tombent sur le centre de Copenhague. Les caves sont noyées, les assureurs déboursent plus de 6 milliards de couronnes. La ville choisit alors un quartier d’Østerbro pour tester sa réponse : des places, des rues et des cours plantées qui retiennent l’eau en surface et la conduisent jusqu’au port.


Ce soir-là, vers 19 heures, un orage d’une violence inédite s’abat sur la capitale danoise. Le pluviomètre du Jardin botanique relève 135 millimètres, le record de la ville. Routes et voies ferrées sont coupées. La fédération des assureurs danois chiffre les dommages indemnisés à plus de 6 milliards de couronnes. Le réseau d’égouts de Copenhague est ancien, et l’agrandir coûterait trop cher, conclut la Ville.
La réponse prend forme dans le quartier de Sankt Kjeld, à Østerbro, désigné premier quartier climatique de Copenhague. La Ville, la régie des eaux HOFOR, le centre environnemental d’Østerbro et les habitants s’y fixent un double objectif : faire du quartier le plus vert des faubourgs et le préparer aux averses à venir. Les méthodes testées ici doivent servir au reste de la ville, à adapter en vingt ans.
Premier chantier livré, Tåsinge Plads est inaugurée le 6 décembre 2014, l’année où Copenhague est Capitale verte de l’Europe. Les paysagistes de GHB y ont changé 1 000 m² d’asphalte inutilisé en « forêt pluviale danoise ». Plus de 7 500 m² de chaussée ne se déversent plus dans les égouts. L’eau des toits passe sous la rue et rejoint une citerne enterrée sous des sculptures en forme de gouttes, où les enfants peuvent la pomper pour jouer.


Avant les travaux, les habitants ont essayé la place. À l’été 2012, ils la rendent « sauvage exprès » avec des installations temporaires et organisent des petits-déjeuners de voisins le samedi. Pour la place voisine, réunions publiques, ateliers et groupes de projet se succèdent depuis 2012. « Il est important d’associer les habitants au développement de l’espace urbain. On obtient un lieu adapté aux conditions particulières et à la vie du quartier », explique Louise Molin Jørgensen, cheffe de projet du renouvellement urbain.
Cette place, Sankt Kjelds Plads, était un carrefour très circulé. Le concours de 2015 revient à l’agence SLA, associée au bureau d’études Alectia et à l’ingénieur Jens Rørbech. Avec la rue Bryggervangen, le projet couvre 34 900 m² pour un budget de 48,45 millions de couronnes. Les deux tiers de l’asphalte, 9 000 m², sont devenus des massifs où poussent 586 arbres de 48 espèces locales, inspirés des marais et des forêts des environs. 30 % de la pluie est gérée en surface ; en cas d’orage, le surplus file par des « rues d’orage » et des canalisations jusqu’au port.
Les deux places sont publiques, à quelques rues l’une de l’autre, et se parcourent à pied. Une équipe y lit en une heure ce que l’adaptation climatique change dans un quartier : moins d’asphalte, des bancs sous les arbres et, selon SLA, de nouveaux cafés et commerces autour de la place. En 2020, le projet a reçu l’Årets Arne, le prix annuel de la Fédération des architectes danois.
Après l’orage de 2011, qui a coûté plus de 6 milliards de couronnes aux assureurs, Copenhague comptait en 2019 plus de 300 projets d’adaptation climatique. Dans le quartier climatique d’Østerbro, Tåsinge Plads a déconnecté plus de 7 500 m² de chaussée du réseau d’égouts et rendu 1 000 m² d’asphalte à la végétation. Sankt Kjelds Plads et Bryggervangen ont remplacé 9 000 m² d’asphalte par 586 arbres de 48 espèces, 3 000 m² de vivaces et 500 m² d’herbes sauvages ; 30 % de l’eau de pluie y est gérée en surface.
Photos via Wikimedia Commons : Orf3us (CC BY-SA 4.0 : 1 2 5) ; Leif Jørgensen (CC BY-SA 4.0 : 3 4).
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