Du déchet plastique à l’objet durable

Plastic Odyssey protège les océans

LIEU(x)
Beiruth, Le Caire, Dakar
article
Coralie Custos-Quatreville
audio

On parle aujourd’hui de plus de vingt tonnes de plastique déversées toutes les minutes dans l’océan. Face à ce fléau sanitaire et environnemental, des marins et ingénieurs français ont débuté un tour du monde à bord d’un laboratoire low-tech intégré à la proue de leur navire. 

Premier cap sur le Liban. Partie le 1er octobre du port de Marseille, l’équipe du navire Plastic Odyssey s’est lancée dans un tour du monde de trois ans dédié à la lutte et à la sensibilisation contre la pollution plastique des océans. Leur première étape est le port de Beyrouth au Liban, aujourd’hui considéré comme l’une des zones les plus sensibles du bassin méditerranéen en ce qui concerne la concentration en microplastiques. Une étude alarmante publiée en 2019 par des chercheurs du CRNS et de l’ULCO faisait état de l’ingestion involontaire de plastique des Libanais. Selon eux, “plus de 30 000 microparticules de plastique sont consommées annuellement en raison notamment de leur présence dans les fruits de mers et dans l’eau.” Les chiffres sont édifiants, le défi est de taille et le scandale sanitaire est colossal.

Tous les pays sont désormais touchés par ce sujet.
Dr Thava Palanisami

Et le Liban n’est pas le seul pays à être affecté. La même année, l’Université de Newcastle a combiné plus de cinquante études internationales sur l’ingestion des micro-plastiques. Les résultats constituent une étape importante dans la compréhension de l’impact de la pollution plastique sur les êtres humains. Cette étude révèle que l’humain consommerait en moyenne 2 000 particules de micro-plastiques par semaine, soit 5 grammes, l’équivalent du poids d’une carte de crédit. Selon cette même étude, la plus grande source d’ingestion de plastique proviendrait de l’eau en bouteille et du robinet. “Les crustacés, la bière et le sel présentent le plus haut taux de plastiques des produits étudiés. Enfin, les Etats-Unis et l’Inde seraient les pays où l’on retrouverait deux fois plus de traces de plastiques que dans les eaux européennes. Mais tous les pays sont désormais touchés par ce sujet” commente le Dr Thava Palanisami, chercheur co-responsable du projet à l’Université de Newcastle.

Pour lutter contre la plastique en mer, il faut agir à terre avec les locaux.
Simon Bernard
Du déchet plastique à l’objet durable

A côté du problème sanitaire s’attache de manière systémique la question de la biodiversité marine. Selon le Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires français, on estime aujourd'hui que la quantité de plastique dans les océans est comprise entre 75 à 199 millions de tonnes (ce qui représente 85% des déchets marins), et que 24400 milliards de particules de micro-plastiques flottent à la surface des océans. D’après l’étude du projet RiverSe, en étant ingérés ou en entravant les animaux marins, ces déchets conduisent à la noyade, à l’étouffement ou à la perforation du tube digestif des animaux marins. Ils sont, en outre, la cause d’effets sublétaux et affectant ainsi ses capacités de reproduction et de survie avec de possibles répercussions sur la préservation des espèces à plus long terme. “Nous partons identifier les entrepreneurs qui souhaitent mettre en oeuvre des innovations simples et peu coûteuses. Pour lutter contre la plastique en mer, il faut agir à terre avec les locaux, toujours avec les locaux.”

Il est urgent de changer de paradigme et, à l’image du vivant, de nous adapter pour survivre.
Simon Bernard

Pour Simon Bernard, président et cofondateur de Plastic Odyssey, documenter et développer des solutions pour réduire l’utilisation du plastique et valoriser les déchets hérités des décennies précédentes est donc désormais indispensable. “Aujourd’hui, il est urgent pour nous de changer de paradigme et, à l’image du vivant, de nous adapter pour survivre. Ensemble, designers, ingénieurs ou chercheurs en sciences humaines, citoyens, politiques ou industriels, nous avons décider de changer radicalement de stratégie afin de bâtir une société post-plastique, mais pour cela, nous avons besoin d’inventifs, d’entrepreneurs et de toutes celles et tous ceux qui veulent faire un pas vers l’avenir.”

L’impact positif de l’initiative en chiffres :

Constatant que 80 % des déchets plastiques polluant les océans viennent des zones côtières, les 20 membres d'équipage vont cibler « les 30 villes au monde qui croulent le plus sous ces déchets, notamment parce qu'ils manquent d'infrastructures de traitement. À son bord, le projet de recherche en sciences sociales Déviations s’est donné comme mission de réunir celles et ceux qui souhaitent penser différemment la question du plastique.

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