Une passerelle dans les fours à coke

Zollverein ouvre sa cokerie, station après station

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LIEU(x)
Essen, Allemagne
auteur
Rédaction in:Expeditions

La mine de Zollverein, à Essen, a fermé le 23 décembre 1986 et sa cokerie en 1993. Le 20 septembre 2026, la fondation qui gère le site a ouvert les deux dernières stations du parcours de la cokerie : on marche désormais à sept mètres de haut, dans des fours ouverts en coupe où 10 000 tonnes de charbon étaient cuites chaque jour.

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Vannes et détendeurs de gaz, conservés sur le site de la cokerie de Zollverein.Les flancs de la batterie de fours de la cokerie, numérotés porte par porte.

Zollverein était la dernière des quelque 290 mines de houille d’Essen, autrefois la plus grande ville minière d’Europe. Entre 1847 et 1986, jusqu’à 8 000 mineurs s’y relayaient, et 240 millions de tonnes de charbon en sont sorties. Le puits XII, mis en service en 1932 sur les plans de Fritz Schupp et Martin Kremmer, passait pour la mine la plus productive du monde. Avant même la fermeture, ses premiers bâtiments étaient protégés ; un arrêté ministériel classe le puits XII en décembre 1986. La cokerie, construite de 1957 à 1961 dans le même style, et le puits 1/2/8 sont classés à leur tour avant l’inscription au patrimoine mondial. L’Unesco inscrit l’ensemble au patrimoine mondial le 14 décembre 2001.

Garder 100 hectares d’installations ne suffisait pas : il fallait leur trouver un usage. La réhabilitation commence en 1989 dans le cadre de l’IBA Emscher Park, programme du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie mené jusqu’en 1999. En 1998, la Ville d’Essen et le Land créent la Fondation Zollverein, à but non lucratif, propriétaire des bâtiments de surface. En 2002, l’architecte Rem Koolhaas et l’agence OMA dessinent le plan directeur qui encadre toujours chaque chantier. Le site compte 96 bâtiments, plus de 200 installations et machines, 2,7 km de convoyeurs et 13,2 km de conduites. Le Ruhr Museum occupe depuis 2010 l’ancien lavoir à charbon, la faculté de design de la Folkwang Universität des Künste y enseigne, une soixantaine d’entreprises créatives sont installées sur le site et plus de 70 dans le centre de création d’entreprises Triple Z, au puits 4/5/11.

La cokerie était la plus grande cokerie centrale d’Europe : 304 fours chauffés vers 1 250 °C transformaient chaque jour environ 10 000 tonnes de charbon en 8 600 tonnes de coke. La fondation la présente comme la seule cokerie entièrement conservée dans son état d’origine et ouverte en permanence au public. Pour en expliquer le fonctionnement, elle a ouvert dix stations en six ans, de « Löschen » (l’extinction du coke) en 2020 à « Umweltschutz » et « Beheizen » le 20 septembre 2026. Dans « Beheizen », une passerelle d’une trentaine de mètres traverse les fours de la batterie 9, ouverts en coupe, et une mise en lumière suit le trajet des flammes et des fumées. La scénographie est de l’agence jangled nerves, l’architecture du bureau New Architekten, de Cologne.

Pour pouvoir construire l’avenir, nous devons comprendre d’où nous venons. À Zollverein en particulier, la médiation va donc bien au-delà de l’explication des procédés techniques. Nous racontons aussi les personnes qui ont travaillé ici, leurs conditions de travail et les changements de la société.
Stefanie Reichart, membre du directoire de la Fondation Zollverein
Conduites rouillées de la cokerie et cheminée sous un ciel nuageux

La station « Umweltschutz » raconte le conflit qui accompagnait la production. La cokerie démarre en 1961, au moment où la pollution de l’air dans la Ruhr devient un sujet public. Films d’époque, citations et données d’émissions montrent les tensions entre l’usine, ses voisins et des normes qui se durcissent, puis les techniques qui ont réduit les rejets au fil des décennies ; une borne olfactive restitue, sans substance nocive, une odeur de la cokerie. Le financement associe la Fondation RAG, principal mécène, le Landschaftsverband Rheinland, la Fondation NRW, l’association des amis de Zollverein et la fondation opta data. Stefanie Reichart, membre du directoire de la fondation, veut que le parcours parle des conditions de travail des cokiers autant que de la technique.

Zollverein reçoit environ 1,7 million de visites par an et dispose de plus de quarante salles pour des séminaires et des conférences. Les visites guidées se réservent en groupe à la date choisie, auprès du service des visiteurs (besucherdienst@zollverein.de, 0201 246810) : parcours de la cokerie « Von Kohle, Koks und harter Arbeit », visite « Zukunftsstandort Zollverein » consacrée à la reconversion, visite en anglais « On Coal and Miners », ou tournée du site avec un ancien mineur ou un ancien cokier. En 2026, une visite privée combinée de la mine coûte à partir de 200 euros pour vingt personnes au plus. Pour une équipe qui travaille sur une reconversion industrielle, le site montre sur place les arbitrages entre conservation, nouveaux usages et financement, quarante ans après la fermeture.

L’initiative en chiffres

Fermée en 1986, la mine de Zollverein est classée la même année et inscrite au patrimoine mondial en 2001. La fondation créée en 1998 par la Ville d’Essen et le Land y accueille environ 1,7 million de visites par an, une soixantaine d’entreprises créatives et plus de 70 jeunes entreprises. Le parcours de la cokerie, achevé le 20 septembre 2026, compte dix stations ouvertes en six ans.

Photos : © Jochen Tack, im Auftrag der Stiftung Zollverein, Stiftung Zollverein / Jochen Tack (1) ; Freddo213, Wikimedia Commons (CC BY 4.0 : 2 3 4 5).

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