aspern Seestadt bâtit une ville sur l’ancien aérodrome de Vienne
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Au nord-est de Vienne, sur l’ancien aérodrome d’Aspern, la ville construit depuis 2010 un quartier pour plus de 25 000 habitants et 20 000 emplois. Plus de 12 000 personnes y vivent déjà. Le béton des anciennes pistes est devenu celui des rues, et la terre du lac creusé au centre a servi de matériau de construction sur place.


L’aérodrome d’Aspern, ouvert en 1912, a vu décoller son dernier avion le 30 avril 1977. Le quartier qui le remplace suit un plan directeur adopté en 2007 et sort de terre depuis 2010, sur 240 hectares dont la moitié reste en espaces libres. La société d’aménagement Wien 3420 aspern Development AG conduit le projet. À la fin des travaux, prévue dans les années 2030, aspern Seestadt doit compter plus de 11 500 logements, plus de 25 000 habitants et plus de 20 000 emplois et places de formation. En juin 2026, plus de 12 000 personnes y vivaient, dans quelque 5 000 logements, et plus de 600 entreprises y employaient plus de 6 000 personnes.
Le chantier recycle ce qu’il trouve. Le béton des anciennes pistes de l’aérodrome a été recyclé pour bâtir les routes et les chemins. Le lac de 5 hectares creusé au centre du quartier a laissé environ 600 000 tonnes de déblais, traitées dans le centre de logistique du chantier pour servir de matériau de construction sur place. Selon la société d’aménagement, ce circuit court a évité 7,95 millions de kilomètres de camion et environ 8 990 tonnes de CO2 à la fin août 2026. Chaque habitant occupe aujourd’hui 65 m² de sol, contre environ 121,6 m² en moyenne à Vienne.
L’eau de pluie reste dans le quartier. Dans le secteur Am Seebogen, la Seestadt a utilisé pour la première fois le principe de la ville éponge : l’eau de pluie part dans des bassins de gravier reliés sous terre au lieu de filer à l’égout, et les arbres des rues y puisent. Leurs racines ont plus de place, et ils doivent vivre plus longtemps et donner plus d’ombre que les arbres de rue habituels. À terme, les deux tiers du quartier géreront ainsi leurs eaux de pluie. Chaque immeuble doit atteindre 800 points sur 1 000 selon la grille de la Société autrichienne pour la construction durable (ÖGNB), contre 750 au départ.


On s’y déplace surtout sans voiture. Le métro U2 y arrive depuis octobre 2013 ; les trajets se font à 46,6 % à pied ou à vélo, à 31,7 % en transports publics et à 21,7 % en voiture, et le quartier compte 242 voitures particulières pour 1 000 habitants. Le travail suit les logements : un Gewerbehof de 7 500 m² accueille depuis fin 2022 artisans et petites fabriques, et l’entreprise d’insertion wienwork emploie près de 500 personnes dans le quartier. En septembre 2026, la société d’aménagement a ouvert la vente de quatre terrains pour environ 400 logements, chacun avec un thème imposé, dont la maison de ville circulaire et l’habitat pour toutes les générations.
La Wien 3420 propose aux groupes des visites guidées gratuites, du lundi au vendredi entre 9 h et 14 h, sur rendez-vous, d’environ 90 minutes et en anglais sur demande ; elles se réservent par courriel ou par formulaire. Le point d’information de la place Wangari-Maathai présente une exposition gratuite sur l’histoire et l’avenir du quartier. Quelque 10 000 visiteurs viennent chaque année, de plus de cinquante pays.

Sur l’ancien aérodrome d’Aspern, Vienne bâtit depuis 2010 un quartier de 240 hectares pour plus de 25 000 habitants, dont la moitié en espaces libres. Le béton des pistes et 600 000 tonnes de déblais du lac ont été réemployés sur place, ce qui a évité 7,95 millions de kilomètres de camion. Les trajets s’y font à 78 % sans voiture.
Photos : © Luiza Puiu, aspern Seestadt / Wien 3420 (1 3 4 5) ; © Daniel Hawelka, aspern Seestadt / Wien 3420 (2).
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