Kalundborg partage ses restes depuis 1972
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Dans le port danois de Kalundborg, dix-sept entreprises publiques et privées échangent depuis 1972 leur eau, leur énergie et leurs matières : ce qui sort d’une usine entre dans la suivante. Chaque année, la Symbiose de Kalundborg épargne 4 millions de m³ d’eau souterraine et 586 000 tonnes de CO₂.


Au début des années 1970, la raffinerie de Kalundborg brûlait à la torche un gaz dont elle n’avait pas l’usage, sa « flamme éternelle ». Gyproc, qui fabriquait des plaques de plâtre dans la ville, a commencé à s’en servir pour sécher ses plaques : c’est le premier échange de ce que la ville appelle aujourd’hui la Symbiose. Gyproc a ensuite remplacé le gypse naturel par le gypse industriel de la centrale d’Asnæs. Les deux échanges ont cessé quand la raffinerie et la centrale ont changé de fonctionnement, et Saint-Gobain Gyproc transfère sa production dans les pays voisins pour ne garder à Kalundborg que la vente et la logistique.
La Symbiose réunit aujourd’hui dix-sept membres : Novo Nordisk, Novonesis, Ørsted, la raffinerie, Unibio, Boehringer Ingelheim, le terminal portuaire d’APM Terminals, la commune et d’autres. Novonesis y emploie environ 750 personnes et y produit des enzymes pour les lessives, l’alimentation animale et l’agroalimentaire. Le service des eaux et de la chaleur, Kalundborg Forsyning, exploite plus de 30 kilomètres de canalisations posées entre les partenaires, fournit de l’eau de surface aux grandes usines et traite à l’ozone, dans sa station d’épuration, les résidus de médicaments.
La Symbiose publie ses comptes. Chaque année, l’eau de surface épargne 4 millions de m³ d’eau souterraine, 586 000 tonnes de CO₂ sont évitées et 62 000 tonnes de matières résiduelles sont recyclées. Les émissions de CO₂ de la Symbiose ont baissé de 80 % depuis 2015 et l’énergie produite sur place est neutre en carbone. Son secrétariat, installé à Campus Kalundborg, cherche de nouveaux échanges usine par usine : en décembre 2025, il a présenté un procédé qui récupère plus de 99 % du NMP, un solvant industriel, et retire 1,6 tonne de CO₂ par tonne traitée.


La chaleur reste le chantier ouvert. En octobre 2022, Novo Nordisk et Novozymes, aujourd’hui intégré à Novonesis, ont décidé de raccorder leur site commun à un réseau de froid : la chaleur retirée des usines pourra, par pompe à chaleur, chauffer des logements. La Symbiose estime que l’industrie de Kalundborg en dégage assez pour plus de 40 000 foyers et a invité la commune voisine de Holbæk, où 17 500 foyers se chauffent au gaz naturel. « Aujourd’hui, la chaleur excédentaire de notre production à Kalundborg n’est pas utilisée, car nous n’avions pas la possibilité de la récupérer », disait alors Jesper Haugaard, vice-président de la Symbiose et directeur de la production de Novozymes.
Le modèle s’exporte : en 2024, le secrétariat a repéré des échanges possibles dans le district industriel de Santa Cruz, à Rio de Janeiro, et il travaille en 2026 avec la province du Cap-Occidental, en Afrique du Sud. À Kalundborg, il reçoit entreprises, universités et délégations sur demande, par le formulaire de son site. La présentation, adaptée au groupe, dure jusqu’à deux heures et comprend un tour commenté de la Symbiose d’une trentaine de minutes si le groupe vient en car. Tarifs 2026 : 2 000 euros hors taxes de 5 à 30 personnes, 4 000 euros de 30 à 50.
Depuis 1972, dix-sept entreprises publiques et privées de Kalundborg échangent eau, énergie et matières par plus de 30 kilomètres de canalisations. Chaque année, la Symbiose épargne 4 millions de m³ d’eau souterraine et 586 000 tonnes de CO₂, et recycle 62 000 tonnes de matières résiduelles. Ses émissions de CO₂ ont baissé de 80 % depuis 2015. La chaleur des usines pourrait chauffer plus de 40 000 foyers.
Photos : © Kalundborg Symbiose (1 2 3 4 5).
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