Meyrin bâtit en coopératives
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À Meyrin, la commune genevoise du CERN, seize hectares de champs sont devenus en dix ans un quartier de 1 360 logements. La Ville a confié ses terrains à sept coopératives d’habitation et demandé aux futurs habitants de décider du reste. Ils ont choisi une ferme, un supermarché participatif, des potagers et des rues laissées aux piétons.


Meyrin a déjà servi de laboratoire. Dans les années 1960, ce village de 3 200 habitants, voisin de l’aéroport et du CERN, devient la première cité satellite de Suisse. Quand les terres agricoles des Vergers deviennent constructibles, avec un plan de quartier adopté par le canton en 2011, la Ville en possède 47 %. Elle cède ses droits de superficie à sept coopératives, dont la Codha, Équilibre et La Ciguë, et à sa Fondation Nouveau Meyrin.
Avant le premier coup de pelle, la Ville réunit les 4 et 5 avril 2014 un forum ouvert. 171 personnes y proposent une ferme urbaine, un supermarché, un poulailler, des potagers. Douze groupes de travail en sortent, puis quatre coopératives. « Il s’agit de donner du pouvoir d’agir aux habitants tout en donnant du sens », écrit Melissa Rebetez, qui a conduit la démarche pour la Ville de 2013 à 2017.
Les grands distributeurs ne voulant pas du quartier, les habitants ont ouvert le leur. La Fève, supermarché participatif paysan, démarre en 2018 dans 50 m², puis s’installe fin 2019 sur l’Esplanade des Récréations. À côté, la coopérative de la Ferme des Vergers, créée en 2018, entretient 13 hectares d’espaces publics, cultive 5 600 m² avec deux ânes et, depuis 2024, prépare les légumes des cantines scolaires de Meyrin.


Les 30 immeubles répondent au standard énergétique Minergie-A, une première en Suisse à cette échelle selon la Ville, et portent 10 533 m² de panneaux solaires. Un réseau de chaleur renouvelable les chauffe, en partie avec les rejets des entreprises voisines. Les voitures restent dans trois parkings souterrains de 1 245 places.
En octobre 2025, l’État de Genève et le laboratoire de sociologie urbaine de l’EPFL publient une enquête auprès de 516 personnes : 92 % se disent fières de vivre aux Vergers. Mais 30 % jugent le quartier trop dense et 29 % des locataires disent avoir eu peu de choix, dans un canton où moins de 0,5 % des logements sont vacants. Le bâtiment prévu pour agrandir La Fève s’est heurté au recours d’une dizaine de voisins.
Le quartier est ouvert à tous. La ferme y tient un marché le lundi, de 15 h à 18 h 30, et La Fève présente son fonctionnement le premier mardi du mois, de 18 h à 19 h.
Sur 16 hectares d’anciennes terres agricoles, Les Vergers comptent 1 360 logements, dont 468 en coopérative, et près de 4 000 habitants selon l’enquête cantonale publiée en octobre 2025. Les toits portent 10 533 m² de panneaux photovoltaïques et les immeubles répondent au standard Minergie-A. En 2025, la coopérative agricole emploie 7,2 équivalents temps plein, entretient environ 130 000 m² d’espaces extérieurs et cultive 5 600 m², dont 870 m² sous tunnels. La Ville recensait en 2018 7 830 m² de vergers et 6 857 m² de potagers répartis en 12 emplacements. 92 % des 516 personnes interrogées se disent fières de vivre dans le quartier.
Photos : MHM55, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0 : 1 2 3 5) ; Guilhem Vellut, Wikimedia Commons (CC BY 2.0 : 4).
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