De l’eau glacée climatise la ville

Fraîcheur de Paris refait surface

LIEU(x)
Paris, France
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Emile Biraud
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En avril 2022, la société Fraîcheur de Paris succédait à Climespace et devenait l'opérateur du réseau de froid urbain de la ville de Paris. L’occasion inédite de vous immerger au cœur du plus grand réseau souterrain d'eau glacée d’Europe, qui, au moment où vous nous lisez, continue de rafraîchir la ville.

Le rendez-vous est donné non loin du Jardin de la Nouvelle France, dans le 8e arrondissement de Paris, juste en face du pont des Invalides. À nos pieds, un escalier en colimaçon rétractable sort du trottoir et sous la surface, à quarante mètres de profondeur, l'une des dix centrales de production d’eau glacée, nommée Canada, et inaugurée en 2008, fonctionne à plein régime. L’eau de la Seine y est filtrée et refroidie à 4°C. Depuis 2013, ce réseau de froid, long de 93 kilomètres, est alimenté à 100% en électricité renouvelable.

En 1991, la Ville de Paris confiait à Climespace, filiale d'ENGIE, l'exploitation et le développement de son réseau de froid, pour vingt ans. A leur actif, dix sites de production de froid et quatre sites de stockage d'énergie avec pour objectifs l’alimentation en froid de plus de 700 bâtiments, soit six millions de m2. “C'est un gigantesque réseau de climatisation, invisible en surface, qui court dans le sous-sol parisien” explique Catherine MacGregor, Directrice générale d’ENGIE. Depuis le mois d'avril, une nouvelle structure s’est vue confier la gestion du réseau pour deux décennies. Baptisée Fraîcheur de Paris, cette société est détenue à 85 % par ENGIE et à 15 % par la RATP. Devenue concessionnaire, elle assure la production, le stockage, le transport et la distribution de l'énergie frigorifique de la ville.

Baisser la température de Paris est un défi depuis quarante ans.

Fraîcheur de Paris entend contribuer à la démarche de la Ville visant la neutralité carbone d'ici 2050. D’après Le nouveau réseau est ainsi conçu pour être à la fois plus performant et vertueux. Il sera alimenté par une électricité 100 % renouvelable et produite en France, près de 70 % de cette production étant assurée par quatre nouveaux parcs solaires dédiés. En parallèle, le recours à la technique dite du free cooling – qui consiste notamment, à capter l'énergie frigorifique de l'eau de la Seine en hiver pour alimenter le réseau – sera privilégiée.La gestion centralisée de cette infrastructure permet un service résilient, une meilleure efficacité – de l'ordre de 20 % par rapport à un système de climatisation individuel traditionnel – et une bien meilleure gestion de l’eau. Par ailleurs, 5 000 m2 de surfaces urbaines seront végétalisées telles que les sites de production et les rues lors des grands chantiers pour permettre une autre forme de rafraîchissement de Paris.

De l’eau glacée climatise la ville
Participer à la neutralité carbone de Paris fixée pour 2050 est l’objectif.

L’hiver, le système continue de fonctionner, en produisant du froid sans apport d’électricité, l’eau du réseau étant directement refroidie en étant mise en contact avec l’eau de la Seine, naturellement fraîche à cette saison. Dans cette configuration, l’eau utilisée par la centrale pour refroidir le réseau, chauffée pour en extraire le froid, est relâchée dans le fleuve. Les quelques degrés d’écart avec la température ambiante n’ayant aucun impact sur la faune et la flore de la Seine.

D’ici 2040, Fraîcheur de Paris souhaite développer « le plus grand réseau mondial de froid » en couvrant toute la surface de la capitale, pour rafraîchir dans un premier temps les lieux de forte affluence comme les sites touristiques, les stations de métro, les hôpitaux et certaines écoles parisiennes. En plus de ces sites publics, le réseau s’ouvrira aux bâtiments privés souhaitant adhérer au réseau. L’objectif derrière tout ça, c’est de chasser efficacement les climatiseurs de la capitale, afin de faire de Paris une ville plus fraîche, donc fatalement plus écologique.

L’impact positif de l’initiative en chiffres :

Multiplier la longueur de son réseau par trois, en ajoutant 158 kilomètres de canalisations aux 89 déjà existants, créer 20 centrales frigorifiques supplémentaires, et 10 sites logistiques. Pour alimenter toutes ces nouvelles installations, il faut de l’énergie, qui se doit d’être la plus verte possible, c’est la raison pour laquelle Fraîcheur de Paris prévoit de bâtir quatre parcs solaires dédiés, assurant 70 % de la consommation du réseau de froid urbain. Avec ces nouvelles infrastructures, et un apport en énergie verte, le projet devrait permettre d’alimenter plus de 3 000 nouveaux bâtiments, et ainsi d’éviter l’émission de 300.000 tonnes de CO2 sur toute la durée de la concession.

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