Écrit par
Florian Guillaume
Nov 2020
Florian Guillaume
Les savoir-faire ne sont pas téléchargeables

Le monde a changé au printemps dernier. Nous avec. En quelques semaines, nous avons appris un nouveau métier et fait muter nos ressources vers la production de formations en temps réel. Qu'observent nos yeux neufs sur ce secteur ? Qu'avons-nous appris en 6 mois ?

Pourquoi nous ne faisons pas de webinaires classiques

Nous sommes le 10 mai 2020, il est 19h00. Notre première visio-expédition vient d’avoir lieu. Verdict ? Pas terrible. Nous avons tous les mines défaites. Pas que l’intervenant n’ait pas été bon. Bien au contraire ! Mais, il faut se l’avouer : “quelque chose a manqué”. Alors, pendant plusieurs mois, nous nous interrogeons : quel est le format le plus adéquat pour transmettre des savoir-faire en ligne ? Et comment offrir à l’apprenant un cadre unique qui, tout en favorisant son attention multiplierait son engagement à distance ?

Le monde entier apprend désormais à distance

Depuis la vague des MOOC en 2012, il est possible pour tout un chacun de se former en ligne et de recevoir les enseignements d’un professeur émérite aux quatre coins du monde. Si ces cours ont initialement suscité de grands espoirs en ouvrant la boîte de Pandore à des apprenants du monde entier, leur multiplication aussi massive qu'impersonnelle est la preuve que la transformation numérique de l’apprentissage en ligne suit toujours son cours. Face à cela, la crise géo-sanitaire nous a permis d’observer deux phénomènes : l’explosion du trafic sur les sites spécialisés de cours en ligne avec +150% de connexions sur les mois d’avril, mai, juin et juillet. Et dans le même temps, une crispation des Universités et Campus d’entreprises, qui en plus de ne pas être équipés pour garantir un apprentissage à distance de qualité, rencontrent des difficultés à captiver les apprenants par manque de contenus originaux adaptés et de formats engageants.

Pourquoi transmettre un savoir en ligne n’est pas une mince affaire ?

S’il est aujourd’hui difficile de transmettre en ligne, c'est qu'à l’école comme en entreprises, les formations proposées n’invitent pas assez à mettre en perspective la réalité des enjeux de société. Elles peinent à matérialiser les cas pratiques en expériences concrètes qui se jouent déjà sur le terrain. Et à trop vouloir faire rentrer des ronds dans des carrés, il n’est pas surprenant d’assister à une plus grande passivité en cours. Pas étonnant donc, que l’apprentissage en ligne soit “consommé” sans être absorbé ni transmis. À la distanciation physique s’ajoute la distanciation cognitive et sociale.

À la distanciation physique s’ajoute la distanciation cognitive et sociale.
Nous ne sommes plus en classe : nous sommes désormais en ligne
Le médium est le message. Il n’en n’a jamais été autrement.

Et c’est bien pour cette raison que nous ne pouvons plus répondre avec les mêmes outils. Car si le numérique change les usages, il modifie également les attentes. De la même façon que les connaissances et savoir-faire ne sont pas de simples pièces-jointes téléchargeables, nous devons prendre en compte le fait que les apprenants ne sont plus seulement dans une salle de réunion ou dans un amphithéâtre : ils sont aussi chez eux. Et puisque nous sommes en ligne : un monde exempt des grilles de lecture académique, où la concentration est balayée en une seule notification et où chaque nouvel onglet ouvert vaut mieux que tous les cours qu’on vous oblige à suivre, vous, formateurs, n’êtes plus au centre de l’attention. Dans cet univers du tout connecté, les codes de l’apprentissage ne vous appartiennent plus. Et le défaut originel est de penser que le charisme d’un enseignant ou d’un expert pourra tout compenser. Les mécaniques d’attention ne sont tout simplement plus les mêmes et le transfert de compétences ne peut se faire dans un contexte réduit à plusieurs slides. Le médium est le message. Il n’en n’a jamais été autrement.

Les cinq principes que nous suivons

in:Expeditions est fréquemment interrogé pour former des équipes ou des classes à distance. Voici nos règles de base pour créer de l'engagement à distance :

1 • La qualité de l'immersion est le gage d’attention des apprenants.

Parler de management ou de créativité à un étudiant ne suffit plus, il faut l’immerger en ligne dans le quotidien d’un professionnel du secteur afin de lui transmettre, clefs en main, des outils de compréhension tangibles : si vous prenez l’exemple de la RSE, une définition stricto sensu est aujourd’hui insuffisante si vous ne l’étayez pas d’une intervention terrain.

2 • Les objectifs pédagogiques sont adaptés à l’exercice numérique s'ils s’inscrivent dans un plan d’évaluation spécifique.

Le présentiel avec caméra allumée et micro éteint ne peut plus être la seule preuve d’attention. Vous devez porter votre évaluation sur un reporting plus détaillé qui observe à la fois la qualité des questions posées, des interactions avec l’expert comme les différences observées entre l’énoncé théorique et le témoignage terrain de l’intervenant.

3 • Le médiateur pédagogique est le coeur du réacteur.

Son rôle est de préparer les séquences, le déroulé et le parcours de chaque visio-expédition. Il se rend sur place lorsque cela est possible. Il est l'animateur qui fluidifie les interactions, oriente les échanges et révèle l’expérience collective telle qu’elle est réellement vécue.

4 • La confiance se construit, la prise de parole aussi.

Si l’enjeu de la prise de parole est capital en salle de classe, il l’est d’autant plus en ligne et à distance. Lorsque le format et l'arc narratif sont maîtrisés, chacun peut construire ses propres repères, s’exprimer librement et ainsi participer à l'apprentissage collectif.

5 • Des experts vivants et spontanés car en direct.

Passer une heure captivante dans la peau et le quotidien d'un expert n'est possible qu'en temps réel. Autrement dit, en direct. Ce sont les questions et les réponses spontanées qui produisent la systématisation du transfert de savoir-faire. Pas l'inverse.

Il est urgent d'adapter l’apprentissage en temps réel

Notre constat est simple : nous n’avons plus de temps à perdre. Le contexte renforce les inégalités numériques et sociales. À l’échelle macro, l’urgence environnementale, géopolitique, économique et désormais sanitaire nous fait prendre conscience de la responsabilité des formateurs à rejouer le réel en ligne. Il ne s’agit plus simplement de nous demander si l’Université, les Grandes Écoles, les séminaires d’entreprise ou les centres de formation sont à même de répondre aux défis qui nous attendent mais bien d’interroger notre capacité à connecter dès aujourd’hui, ceux qui détiennent les savoirs avec tous ceux qui n’attendent qu’une seule chose : pouvoir se former à leurs côtés.

L’apprentissage en ligne nécessite, nous l’avons vu, une exigence pratique et des techniques logistiques importantes. Mais l’un des aspects essentiels reste l’écosystème de terrain. Un cas pratique ne s’expérimentera plus jamais comme une simple consigne en haut d’un exercice : il se vit désormais en temps réel sur un terrain d’action aux côtés d’un expert engagé. Et c’est ici que le numérique reprend tout son sens et toute sa pertinence, car il ouvre les perspectives d’un apprenant, qui, d'où qu'il soit, sait désormais où il peut trouver ses futures compétences.

in:Expeditions est le studio de production spécialiste de l'apprentissage en temps réel.
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